Johanna est née sur le tropique du cancer, dans l’ancienne Chine nationaliste de Chang Kai Chek, un an seulement après le déclenchement de la Révolution Culturelle par Mao. Elle a été élevée entre deux cultures, celle de la Chine traditionaliste et taoïste qu’étudiait son père sinologue, et sa culture maternelle néerlandaise. Cela augurait une vie de voyageuse...
Après sa scolarisation, en France, puis sa naturalisation, les bandes dessinées sont vite devenues ses lectures de prédilection. À défaut d’en comprendre le texte, elle imaginait ses propres histoires à partir des séquences d’images. Sa grand-mère lui lisait les aventures de Ruppert, dessinées par Mary Tourtel. Dès qu’elle su lire, elle se mit à dévorer les aventures de Moumine le Troll de la Finlandaise Tove Janson, qui est restée l’un de ses écrivains fétiches. Ado, elle était fan des histoires dessinées par Chantal Montellier dans
Métal Hurlant et elle lisait
les Frustrés dans
le Nouvel Obs’. Autant dire que les bandes dessinées faites par des femmes ont forgé sa vocation.
De 1992 à 2000, après ses études à l’École Supérieure de l’Image d’Angoulême et avant de publier ses propres albums, elle a été une “ petite main ” : coloriste et organisatrice d’expositions. Ces années furent cependant déterminantes pour elle : les éditions Fréon et Amok tenaient alors leur café littéraire
Autarcic Comics à Paris. Tous les mois, elle y croisait la fine fleur de la bande dessinée indépendante...
En 2002,
Johanna retourne dans son pays de naissance et rapporte de ce voyage un récit autobiographique sur le Taiwan d’hier et d’aujourd’hui :
Née quelque part. L’album, qui a également été traduit à Taiwan et en Espagne, a été présenté en 2006 dans la première exposition consacrée à la bande dessinée contemporaine au Centre Pompidou :
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